Figures illustres de l'artisanat

Aly-Bellegua

Peintre artisan

A l’aube de l’indépendance, alors même que l’on se détournait d’un mode de vie qui paraissait désormais désuet, Aly BELLEGHA remet avec détermination l’objet artisanal au goût du jour, insufflant à la tradition une seconde vie.

Il s’attèle également à la tâche de dresser un inventaire des métiers et objets. Sa passion de l’objet en fait un collectionneur et transforme son atelier en un véritable musée. La galerie "Les métiers" expose une autre manière de concevoir l’objet utilitaire artisanal, en le détournant de son rôle premier et en lui offrant une autre façon d’être.

L’objet, entre les mains de cet artiste, atteint un statut nouveau, celui d’oeuvre d’art lorsqu’il est intégré dans ces tableaux.

La peinture de Aly BELLAGHA s’est voulue largement inspirée de cet artisanat qu’elle a nourri de sa modernité.

L'Amine Habib Basly

Les Lanternes de Kairouan

Né le 26 décembre 1913 à Kairouan, il hérita le titre d’Amine des dinandiers en 1946 à la mort de son père Mahmoud Basly lequel succéda à l’Amine Ali Zribi.
Lui qui jure n’avoir jamais monter un lustre du vivant de son père, tenait farouchement à son titre d’amine des dinandiers.

En 1962 il s’installe à Tunis au 31 Avenue de la Liberté et se consacre exclusivement à la dinanderie (le travail du cuivre) et plus précisément à la fabrication des lanternes de Kairouan. En fait c’est lui qui a fait du travail de monteur de lustres un véritable métier, créant un arsenal d’outils propres à lui, certains outils sont de véritables gadgets, comme le souffleur qui permet de peindre les morceaux de verres avec un minimum de peinture.

Le métier de monteur de lustre qui se développa pendant les années soixantes dix et quatre vingt avec le tourisme tunisien, est en lui même, un mélange de plusieurs spécialités : le travail du verre, le travail du laiton ou cuivre jaune
(c’est un alliage du cuivre et du zinc) ; de peintre et un peu celui d’artiste...
Habib Basly eu plusieurs titres dont celui du meilleur travailleur.

Ses lustres embellissent et éclairent la plus part de nos hôtels. Il s’éteint le 19 août 1991. Actuellement un de ses petits fils perpétue la tradition au village de l’artisanat à Denden.

L’Amine Mohamed EL Abassi

Maître artisan dans le métier de la chéchia

Créée en 1945, installée près de la mosquée Hamouda Pacha, dans la médina de Tunis, l’entreprise Mohamed Abbassi est l’un des plus anciens  établissements de fabrication de la chéchia.

C’est son père El-Arbi Abbassi, maître artisan dans le métier de la chéchia, qui lui a transmis ce métier d’origine andalouse. En 1990, il a été élu amine de la corporation des artisans de la chéchia.

Depuis l’année 2000, c’est sa fille, Madame Aïda Abbassi, qui dirige l’entreprise. L’institution emploie, dans les gouvernorats de Tunis, de l’Ariana et de
Bizerte, directement et indirectement, des centaines d’artisans.

Elle exporte 70 % de sa production fabriquée dans une laine pure et de haute qualité vers des pays africains et vers la Libye. Le reste de la production
est écoulé sur le marché local.
L’entreprise a obtenu plusieurs prix dont :

  • Prix du Président de la République pour l’artisanat
  • pour l’année 1997
  • Prix du meilleur magasin homologué pour 2000
  • et 2001.

Ce qui caractérise le mieux cette entreprise, c’est son souci de maintenir une haute qualité et de respecter les spécificités traditionnelles, qui sont
l’expression de l’identité tunisienne L’Amine.

Hmida Ouahada, tisserand

Une passion pour l’artisanat

Natif de Gafsa, Hmida Ouahada, tisserand,a réalisé des panneaux muraux en tissage de Gafsa qui ont fait l'admiration des amateurs. Ses klims de Gafsa et ses mergoums de Aouled Boussaïd portent des motifs inspirés des coutumes de la région,comme les scènes de mariage ou de souks, la caravane. Il a également réalisé en tissage des portraits de savants illustres, tels Ibnou Sina (Avicenne) ou Pasteur.

Il s'est passionné pour l'artisanat de la région, créant, innovant, inventant.
Très jeune, il a été intégré, le 1er décembre 1953, à l'Office des arts tunisiens.

En 1965, il a été nommé délégué régional de l'ONA, poste qu'il a occupé pendant plus de vingt ans.

Après sa mise à la retraite, il a poursuivi ses activités de création, de formation et d'encadrement, jusqu'à sa disparition, le 6 février 2001.