Villages d'artisans :Des pépinières et des espaces pour la création

Depuis 2002, l'Office National de l'Artisanat (ONA)  a institué un programme de création de villages d'artisans. Evénement capital, cette décision constitue un jalon important sur la voie du développement du secteur.

Les objectifs de ces villages sont nombreux : opportunités d'emploi pour les jeunes promoteurs, rapprochement des artisans de l'usager, création de souks de métiers artisanaux, renforcement de la formation et du recyclage des jeunes, un espace approprié pour l'émulation et la concurrence entre les artisans, dynamisation de la créativité des artisans, préservation de la pérennité de certains métiers menacés de disparition, création d'un espace d'animation touristique destiné à faire connaître les techniques de production et les traditions de la région.

L'étude stratégique pour le développement de l'artisanat à l'horizon 2016 souligne l'importance que revêt la création de ce genre de villages dans toutes les régions du pays.

Ces espaces artisanaux sont répartis à travers tout le pays. Ils abritent des locaux aménagés de telle sorte qu'ils conviennent parfaitement à l'exercice d'activités productives aussi bien dans le domaine de l'artisanat que dans celui des petits métiers.

A cet effet, l'ONA a implanté à ce jour 6 villages ( Nabeul, Kairouan, Den Den, Kef, Tataouine et Béja. Les deux premiers, villages de l'artisanat de Nabeul et de Kairouan , ayant été implantés depuis 1990.

Dans ces espaces, l'ONA veille à donner la priorité aux activités artisanales menacées d'extinction et aux activités artisanales prometteuses, notamment sur le plan de l'exportation. En même temps, les diplômés de l'enseignement supérieur sont incités, dans le cadre d'une orientation visant à mettre en valeur le patrimoine artisanal local, à s'établir dans ces lieux.

En outre, ces villages artisanaux sont devenus une belle vitrine mettant en valeur les spécificités artisanales de chaque région.

L'efficacité indéniable de ces espaces spécialisés incite le ministère du Commerce et de l'artisanat à en étendre le réseau des villages. Aussi s'est-il employé à mettre au point des formules et des incitations appropriées pour attirer les investisseurs privés et les encourager à promouvoir des espaces à l'instar de l'espace Ken à Bouficha.

Site web des villages artisanaux

Le village artisanal à Den den

Ouvert au public au courant de l'année 2004, le village pilote est composé de cinquante-trois locaux dont quarante-trois servent à la production et au commerce des articles artisanaux. Il se trouve au coeur de l'espace qui abrite le siège de l'ONA et l'Ecole supérieure des sciences et technologies du design. Cette position en fait une véritable pépinière d'entreprises artisanales. Ce complexe aux multiples fonctions est la Maison de l'artisanat qui est un cadre de réunions, d'expositions et de diverses manifestations et un espace de formation, de production et de commercialisation.

Le village artisanal au Kef

Créé en 2006, La réalisation de ce village résout, pour les artisans, le problème du manque de locaux. Le village est devenu un espace touristique. Il fait connaître le patrimoine de la région dans le domaine de l'artisanat et assure la pérennité de certaines activités menacées de disparition. Il contribue à la promotion de l'emploi et de l'exportation.

Plusieurs métiers y sont exercés : tissage, tissage de haïk, tapis, klim, kachabbya, peinture sur soie, broderie, mosaïque, sparterie, poterie, sculpture sur bois et sur marbre, ferronnerie d'art…

Les artisans installés

L’espace d’artisanat Barrouta, à Kairouan

D’une superficie de 670 m2, le village d’artisans Barrouta se trouve à l’intérieur de la médina de Kairouan. Il abrite dix-huit ateliers qui se consacrent à la broderie avec ses différentes spécialités – fil, paillettes, cannetille, au tricotage manuel et à la peinture sur toutes sortes de supports.

Le village est situé en un bâtiment ancien et qui a été restauré par les soins de l’Association de sauvegarde de la médina en 1990.

Le village artisanal à Béja

Créé en 2009, en vue de préserver le patrimoine artisanal de la région.Plusieurs locaux sont réservés aux artisans, notamment des diplômés du supérieur, qui se distinguent par la haute qualité de leurs produits et leur contribution à la réhabilitation de certains métiers menacés de disparition.

Afin de rapprocher l'approvisionnement des artisans et mieux organiser la distribution, un espace est attribué au groupement d'approvisionnement et de distribution.

Un autre espace est destiné à l'encadrement technique et au contrôle-qualité, l'objectif étant d'informer les artisans et d'assurer le contrôle de la qualité des tapis et Mergoum.

Dans une première étape, des artisans spécialisés notamment en broderie, tissage, tapisserie, Mergoum, peinture sur soie et verre et ferronnerie d'art sont installés au village.

Ils  bénéficient d'incitations financières accordées au titre de la promotion de la création de projets dans le domaine de l'artisanat, ainsi que de l'encadrement technique de la part de la direction de développement des compétences relevant de l'Office national de l'artisanat (ONA).

Le Centre des traditions et des métiers d'art à Nabeul

Ouvert au mois d'août 1990, le Centre des traditions et des métiers d'art de Nabeul compte 22 artisans dans diverses spécialités comme la céramique, le cuivre martelé, la ferronnerie d'art, le rotin, les lampadaires, la sculpture sur pierre, la distillerie du néroli, la décoration sur divers supports, peinture sous verre, ciselure sur cuivre…

Ce village a été enrichi d'une galerie artisanale en novembre 1998.

Le village artisanal à Sejnène :

La poterie berbère, un outil de développement Pour son développement économique et social, Sejnène a bénéficié, à l'instar des autres régions.
Cette région se distingue par un type de poterie, la poterie berbère modelée. Destiné au début à l'autoconsommation, ce produit original a été introduit sur le marché où il a gagné les faveurs de clients amateurs d'objets du terroir. La production peut passer ainsi du stade familial à celui d'unités artisanales capables de répondre aux exigences du marché.

Essentiellement rurale et enclavée, la zone ne manque pourtant pas d'atouts : situation en trait d'union entre le Nord-Est et le Nord-Ouest, climat agréable propice au développement du tourisme culturel, écologique et balnéaire et – surtout – l'exclusivité de la poterie berbère, si originale.

Plusieurs intervenants apportent leur contribution à la consolidation et à la réussite du projet : ONA, ministère des Affaires de la femme, de la famille, l'Association d'amitié tuniso-japonaise… Le coût du projet s'élève à 585 000 Dinars.